Ebola

Nouvelle épidémie d'Ebola en RDC : comme une histoire sans fin !

Au centre de santé de Beni, l'heure est à l'urgence  Source : Pablo Garrigos/MSF

Ce lundi, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement déclaré une onzième épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur son sol, avec l'apparition d'un foyer dans le nord-ouest du pays, qui vient s'ajouter à la dixième toujours en cours dans l'Est, et à une envolée des cas de Covid-19.
Par Badr Kidiss avec AFP
Créé le 02.06.20, modifié le 02.06.20

Ça se complique en République démocratique du Congo. À Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur, le virus de la fièvre hémorragique Ebola a fait son grand retour. Ce qui a poussé les autorités kinoises à solliciter l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

"L'OMS a déjà des équipes à Mbandaka pour soutenir la riposte face à la nouvelle épidémie d'Ebola", a assuré sur Twitter le directeur général de l'agence onusienne Tedros Adhanom Ghebreyesus. Depuis le 30 mai, près de 10 cas ont été identifiés, dont quatre décès, précise le ministre de la Santé, Eteni Longondo. Avant d'ajouter qu'il y avait dans le lot des cas confirmés et des cas probables (non confirmés en laboratoire, mais avec un lien épidémiologique avec un cas confirmé ou un autre cas probable).

Où en est le traitement ?

"Nous allons leur envoyer très rapidement le vaccin et aussi les médicaments", a poursuivi le ministre, assurant vouloir se rendre sur les lieux en fin de semaine. Car la vaccination est l'un des meilleurs outils pour se protéger du virus Ebola. Le vaccin rVSV-ZEBOV de Merck a démontré son efficacité et est devenu une ressource précieuse dans la lutte contre l’épidémie. Un deuxième vaccin a été introduit en RDC, il y a quelques mois, pour compléter celui de Merck. 

Mais malgré la disponibilité d'un vaccin pour prévenir les infections et de nouveaux traitements pour les patients confirmés, Ebola reste une maladie très dangereuse qui peut entrainer la mort. Si les patients symptomatiques qui présentent de la fièvre, de la diarrhée ou des vomissements sont infectieux et doivent être isolés et traités le plus rapidement possible, "le délai moyen entre la suspicion et le diagnostic d'un cas d'Ebola dans l'ensemble du Nord-Kivu est de cinq jours" selon l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF).

Des urgences sanitaires chroniques

Au total, il y a eu onze épidémies de fièvre Ebola déclarée sur le sol congolais depuis la découverte du virus dans ce pays alors appelé Zaïre en 1976. La RDC est également touchée par l'épidémie mondiale de coronavirus  (3.195, dont 2.896 à Kinshasa, et 72 décès, selon les derniers chiffres officiels publiés lundi).

La moyenne des nouveaux cas de Covid-19 est passé à une centaine par jour, avec une augmentation du nombre de tests. "Nous sommes en période ascendante de la courbe", a déclaré lundi le ministre de la Santé, selon qui, il est "hasardeux" de lever les mesures mises en place le 20 mars face au coronavirus. 

La RDC fait également face à une épidémie de rougeole qui a tué plus de 6.000 personnes depuis début 2019, ainsi qu'à des épisodes de choléra et, comme tant d'autres pays africains, aux ravages du paludisme. "Cette épidémie nous rappelle que le Covid-19 n'est pas la seule menace sanitaire à laquelle les gens font face", selon le directeur général de l'OMS.

  • Ebola
  • Congo RDC
  • Epidémie
  • virus
  • Vaccin