Covid-19

Coronavirus au Maroc : pourquoi la mortalité est très élevée

Le Maroc a récemment acheté de nouveaux appareils d'assistance respiratoire (Illustration) 

Alors que le bilan marocain de la pandémie de Covid-19 ne cesse de s'alourdir, les autorités ont tenté d'expliquer le taux de mortalité élevé au Royaume. 

Par Badr Kidiss
Créé le 31.03.20, modifié le 31.03.20

La situation se complique. 71 nouveaux cas confirmés au coronavirus ont été annoncés ce lundi 30 mars, ce qui porte à 556 le nombre de contaminations dans notre pays. Selon les chiffres révélés par le ministère de la santé, 6% des personnes infectées au Maroc sont décédées. Soit un taux de mortalité plus de cinq fois supérieur à celui de la grippe saisonnière (moins de 1%). Et d'un pays à l'autre, ce taux change complètement.

La Côte d'Ivoire, par exemple, affiche une létalité de 0,59%, contre 6,25 % pour l'Egypte. Des différences qui interpellent, et nourrissent même des fake news et de nombreuses théories du complot. 

Plusieurs facteurs de comordibité  

Au Maroc, les décès s'expliquent surtout par l’âge avancé des malades (66 ans en moyenne). La plupart des défunts souffraient aussi de maladies chroniques, a expliqué le directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de Santé, Mohamed El Youbi. Mais ce n'est pas tout... 

Toujours selon le même responsable, la prise en charge tardive des patients (85% des cas décédés) fait aussi partie des facteurs qui expliquent le taux de mortalité élevé dans notre pays. 

Qui est malade ?

Au-delà de l'explication officielle, le taux de létalité dépend mathématiquement du nombre de cas détectés. Alors que l'épidémie de Covid-19 est sur le sol marocain depuis moins d'un mois, il est difficile d'avoir une idée précise du nombre de personnes infectées par le SRAS-CoV-2, le virus responsable du Covid-19. Car cette maladie infectieuse peut être asymptomatique, c'est-à-dire qu'une personne peut paraître en bonne santé alors qu'elle est infectée. Et un malade qui ne présente aucun symptôme n'est pas testé et n'est donc pas comptabilisé... 

"Dans toute épidémie, il existe une tendance à surévaluer le taux de létalité dans un premier temps, puis, au fur et à mesure que l'on détecte plus largement les personnes infectées et que la prise en charge des formes sévères s'améliore, ce taux baisse. Lors de l'épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, nous partions d’un taux de létalité à 70 % ; il est par la suite descendu à 40 %", explique le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique sur le Covid-19 en France, à nos confrères du journal Le Monde.

Des tests insuffisants 

Le taux de mortalité peut aussi s'expliquer par le nombre de tests de Covid-19 réalisés. Si le Maroc a récemment commandé 100.000 kits testeurs, le Royaume ne réalise pour le moment que quelques centaines de tests par jour. 

Pourtant en menant des campagnes de dépistage massive, des pays comme la Corée du Sud et l'Allemagne ont identifié des malades qui ne semblaient pas l'être. Plus les cas bénins ont été détectés, plus le taux de mortalité a chuté. Mais les tests à grande échelle ne sont pas encore à l'ordre du jour au Maroc. Lors de son point presse, Mohamed El Youbi a rappelé que les autorités sanitaires se conforment au plan national de veille et de riposte à la pandémie qui exige, à ce stade de la maladie, que les tests de diagnostic du Covid-19 soient réservés aux personnes qui répondent aux critères établis par le ministère de la Santé. Jusqu'à quand ?

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