Système digestif

Au Gabon, la lutte contre les hépatites B et C accuse un sérieux retard

Les hépatites B et C sont les plus fréquentes au Gabon (photo d'illustration)  Source : Shutterstock

A l'occasion de la journée mondiale contre l'hépatite, prévue ce 28 juillet, AlloDocteurs Africa fait le point sur le traitement et le diagnostic de cette maladie au Gabon.  

Par Arnaud Ntchapda avec Badr Kidiss
Créé le 16.07.20, modifié le 27.07.20

"Problème de santé publique" ! C'est ainsi qu'est présentée l'hépatite au Gabon, à juste titre tant elle est fréquente. Cette inflammation du foie est le plus souvent provoquée par une infection virale. S'il existe cinq virus responsables de l’hépatite, appelés A, B, C, D et E, l’hépatite B et l’hépatite C sont les causes de mortalité les plus fréquentes.​

Ensemble, elles sont responsables du décès d'au moins 1,4 million de décès chaque année dans le monde. Si bien qu'une journée mondiale, le 28 juillet est consacrée à la lutte contre ces maladies. 

Trois fois plus de cas que le VIH

Méconnues au Gabon, les hépatites touchent pourtant près de 3 fois plus citoyens que le VIH / Sida. Selon le dernier rapport africain de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur cette maladie, 350.000 Gabonais.e.s seraient atteints d’hépatite B ou d'hépatite C.

Pour éliminer ce mal, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé, en 2016, la première stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale. A la même époque, au Gabon, l'ancien vice-Premier ministre en charge de la santé, Paul Biyoghé Mba, estimait qu'il y avait des insuffisances dans la stratégie nationale de lutte contre ces différentes formes d'inflammation du foie. ​

Mais en 2020, les différentes formes de cette maladie apparaissent toujours comme le parent pauvre du système sanitaire gabonais. A ce jour, aucun programme national n'est consacré à la lutte contre ce mal, comme c'est le cas pour d'autres maladies mortelles (sida, tuberculose, paludisme...). 

Un diagnostic compliqué

Si les virus responsables des hépatite B (VHB) et hépatite C (VHC) se transmettent tous les deux par contact avec du sang contaminé, celui du VHB peut aussi être transmis sexuellement. Mais pour la plupart des Gabonais.e.s, le diagnostic reste l’un des principaux freins au traitement des hépatites.

Car malgré l'appui de la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs), le dépistage de la maladie et le traitement sont hors de prix. Résultat, beaucoup de personnes atteintes de cette inflammation du foie ignorent leur maladie et en meurent, dans certains cas, à la suite de complications. 

Face à cette situation, l'ONG "Gabon S.O.S Hépatites" multiplie ses efforts pour sensibiliser la population sur l'importance du diagnostic précoce, les moyens de prévention et les dangers des différentes formes d'hépatites virales.  Elle mène aussi des actions de plaidoyer auprès du gouvernement pour faciliter l'accès au diagnostic de ces maladies oubliées. 

  • Gabon
  • Hépatite B
  • Hépatite C
  • Hépatite A
  • Hépatite D
  • Hépatite E
  • Santé publique
  • foie