Maladies infectieuses

VIH / Sida : Pourquoi ça coince pour la PrEP au Maghreb ?

Excellent outil de prévention, la PrEP est toujours inaccessible pour les Algériens et les Tunisiens  Source : Shutterstock

Si le Maroc a déjà introduit la PrEP, un traitement préventif du VIH/Sida, l'Algérie et la Tunisie semblent encore bouder cette stratégie de réduction du risque de contracter la maladie. Mais à qui est destinée la Prophylaxie Pré-Exposition ? Pourquoi les autres pays du Maghreb ne l'ont pas encore adoptée ? AlloDocteurs.Africa vous explique tout. 
Par Badr Kidiss
Créé le 13.02.20, modifié le 13.02.20

L'exemple marocain. Alors que le Royaume propose, depuis 2018, la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition), aux populations les plus vulnérables face au VIH/Sida, l'Algérie et la Tunisie n'ont pas encore introduit ce traitement préventif du Sida sur leur marché. Pourtant, l'expérience marocaine mériterait d'être reprise dans les différents pays du Maghreb. 

La PrEP s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH et consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se faire contaminer avant un rapport sexuel, elle doit être prescrite - comme tout médicament - par un médecin et nécessite un suivi.  À l’heure actuelle, le seul médicament utilisé pour la PrEP associe deux antirétroviraux contre le VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil.

Évidemment, la PrEP ne protège pas contre les autres Infections sexuellement transmissibles (IST). Elle  est surtout utilisée dans le monde par les personnes homsexuelles ou bisexuelles, ce qui peut sans doute expliquer son retard d’adoption dans des pays ou de telles relations choquent. Ce médicament est commercialisé sous la marque Truvada et existe aussi en versions génériques.

Un excellent outil de prévention

Si la PrEP a démontré son efficacité partout où elle a été mise en place, l'Algérie et la Tunisie n’ont pas encore franchi ce pas "à cause des réticences infondées des autorités sanitaires et des médecins infectiologues", nous explique Mehdi Karkouri, président de l'Association de lutte contre le Sida (ALCS).

Mais l'espoir existe. L'an dernier, "un atelier régional a été organisé par la plateforme Coalition PLUS MENA, hébergée et animée par l’ALCS, à Tunis en 2019, en collaboration avec le CCM-Tunisie et ONUSIDA-Tunisie, pour convaincre les décideurs à mettre en place ce service et prendre l’expérience marocaine comme modèle à adapter en fonction des pays", rappelle le président de l'ALCS.

Recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) "à toute personne s’exposant de façon accrue aux risques d’infection par le VIH", la PrEP devrait bientôt être mise en place dans toute la région. C'est tout ce qu'on espère ! 

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