Cancer

Mélanome, un cancer de plus en plus mortel en Afrique

Le mélanome est notamment favorisé par une exposition élevée au soleil (photo d'illustration) 

Le mélamone gagne du terrain en Afrique. Quelles sont les personnes à risque face à ce cancer de la peau ? Comment le reconnaître ? AlloDocteurs Africa vous dit tout.

Par Badr Kidiss
Créé le 24.07.20, modifié le 24.07.20

C'est l'un des cancers qui progresse le plus dans le monde. Si le mélanome reste une affection assez rare chez les personnes à peau noire par rapport à celles qui ont une peau blanche, cette tumeur maligne peut être très dangereuse. Selon un rapport des Journées Interactives de Réalités thérapeutiques en Dermatologie (JIDR),"la mortalité par mélanome est plus élevée chez les patients à peau noire que les patients de phototype clair".

Le mélanome atteint les mélanocytes, les cellules responsables de la production du pigment de la peau qu'on appelle mélanine. C'est ce petit pigment qui est à l'origine du bronzage de votre peau. La mélanine peut aussi se concentrer dans quelques cellules localisées et former des grains de beauté. Et dans la majorité des cas, ce cancer cutané survient sur une peau saine. Dans 20% des cas, il peut se développer sur un grain de beauté préexistant. 

Un diagnostic difficile

Généralement, ce cancer se présente sous la forme d’une tache foncée ou noire qui peut être plate ou bombée. Il peut apparaître à n’importe quel endroit du corps, parfois même sur les zones génitales, sous les ongles, ou plus rarement sur les muqueuses. Mais selon le JIDR, "le diagnostic clinique de mélanome peut être difficile chez les patients à peau noire".

En 2016, une étude de l'université de Cleveland (États-Unis), publiée dans le Journal of the American Academy of Dermatology, a montré que le taux de survie était plus élevé chez les personnes à la peau claire, en expliquant que le diagnostic précoce du mélanome est plus difficile sur une peau foncée. "Les patients à peau noire se présentent souvent avec des facteurs pronostiques péjoratifs au diagnostic, en particulier dans les pays d’Afrique", rajoute le Dr Christian Derancourt, l'un des auteurs du rapports du JIDR. 

Un cancer rare mais dangereux 

"L'incidence annuelle du mélanome chez les sujets à peau noire varie de 0,5 à 1,8/100.000 en Afrique du Sud (contre 24,4 chez les sujets de phototype clair), elle est de 0,7/100.000 au Togo et de 1,6/100000 aux États-Unis", détaille le Dr Derancourt, ancien coordonateur du service cancérologie cutanée du CHU de Martinique.

Mais bien qu'il soit moins fréquent sur les peaux foncées, le pronostic de ce cancer cutané reste mauvais : “le mélanome sur peau noire est rare du fait de la photoprotection induite par la mélanine. En revanche, la sémiologie particulière des mélanomes sur peau noire retarde le diagnostic et aggrave le pronostic qui est d'emblée péjoratif”, précise la docteure Suzanne Oumou Niang de l'Institut du cancer du CHU Le Dantec, à Dakar (Sénégal). 

Si ce cancer de la peau est généralement favorisé, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), par "une exposition intermittente élevée aux UV solaires" et "un grand nombre de grains de beauté (plus de 50)", le Dr Derancourt estime qu'"il est probable que des facteurs non connus, immunologiques et environnementaux interviennent dans la genèse du mélanome chez les sujets à peau noire"

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