Société

Non, avoir le Covid-19 n’est pas ”honteux” !

Les malades du Covid-19 ne doivent pas être discriminés (illustration) 

Le coronavirus nous le rappelle. Trop souvent, au Sénégal, en Afrique et dans le monde entier, les malades sont stigmatisés, critiqués… 

Par AlloDocteurs Africa
Créé le 06.08.20, modifié le 20.08.20

Les autorités n’ont pas beaucoup tardé. La gendarmerie sénégalaise a arrêté six suspects après l'attaque lundi à Dakar du siège du quotidien Les Echos par des partisans présumés d'un guide religieux. Ces individus reprochaient à sa rédaction d'avoir affirmé que Serigne Moustapha Sy, figure de l'influente confrérie des tidianes, avait été contaminé par le coronavirus. Défenseurs des journalistes, le Synpics, principal syndicat des professionnels de l'information du pays, et le Conseil des éditeurs et diffuseurs de la presse au Sénégal avaient dénoncé l'attaque. ​

Le Sénégal a officiellement déclaré plus de 10.000 cas de coronavirus, pour plus de 200 décès. Alors que le Covid-19 se répand, des personnes contaminées dénoncent publiquement la "stigmatisation", c’est à dire les moqueries, le dénigrement, le mépris dont ils ont été victimes lorsque leur maladie a été connue.

“Pestiféré”, un mot vieux comme le monde...

Derrière l'atteinte à la liberté de la presse et la question du secret médical, cette affaire nous rappelle que trop souvent, au Sénégal, en Afrique et dans le monde entier, les malades sont stigmatisés, critiqués… Avant le Covid-19, ceux qui sont victimes du VIH / Sida, d’Ebola et en particulier de toute maladie dont les symptômes sont “visibles” peuvent en témoigner. Et cette réaction face à la maladie est très ancienne. En témoigne l’existence du mot “pestiféré” pour une personne que l’on exclut, que l’on met au ban du groupe et qui fait référence à une maladie contagieuse : la peste.

Ces comportements rabaissent leurs auteurs. Il ne faut pas confondre le mal et ses victimes, le Covid est notre ennemi, mais certainement pas ceux qui en souffrent. D’ailleurs, les médecins du continent, de Dakar à Casablanca, de Bamako à Lubumbashi, rappellent régulièrement que s’en prendre aux malades, c’est se tromper de camp. En se plaçant du côté de la maladie !

Moquer, c’est se tromper

C’est simple et AlloDocteurs.Africa vous le rappelle, lorsque l’on attaque ou moque les victimes d’une maladie :

  • On freine le diagnostic car chacun redoute alors d'être déclaré “positif’
  • On empêche donc les malades d'être soignés
  • On favorise la contamination ! Car un malade non soigné est d’autant plus contagieux...
  • Enfin, on ajoute à des souffrances physiques, déjà injustes, des souffrances psychologiques nées du rejet, ce qui ne favorise la guérison de personne….

Le calcul est d’ailleurs simple. Si nous ne sommes pas la prochaine victime, elle sera peut-être notre père, notre mère, nos enfants, ou notre meilleur.e ami.e. Autant de personnes qu’on ne veut pas voir discriminées. Alors, contre le Covid-19 comme toutes les maladies de la terre, soyons solidaires et respectons les gestes barrières !

Contre le coronavirus, pensez à garder vos distances !  Source : AlloDocteurs.Africa
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