Société

Cameroun : des femmes maltraitées à l'hôpital pendant l'accouchement !

Une enquête montre que les femmes camerounaises sont victimes de différentes formes de violences pendant l'accouchement 

Une enquête récente de l’antenne camerounaise Radio Balafon révèle les moments difficiles vécus par certaines femmes pendant l'accouchement, dans des centres de santé de la ville de Douala. Elles en sont parfois ressorties avec des traumatismes physiques et psychologiques.   

Par Arnaud Ntchapda
Créé le 09.02.20, modifié le 13.02.20

Au Cameroun, les femmes gardent rarement un bon souvenir de leur accouchement à l'hôpital. Une enquête de Radio Balafon montre l’horreur vécue par certaines d’entre elles. Victimes de différentes formes de violences, elles sont mêmes de plus en plus nombreuses à considérer les établissements de santé comme des lieux de traumatismes. 

Adèle Claude, l'une des victimes de violences obstétricales qui témoigne dans ce reportage, raconte son expérience douloureuse. La jeune femme explique avoir été victime d'une erreur de jugement des sages-femmes : son bébé a bu de l’eau et a dû être réanimé pendant 15 minutes. De son côté, Malika, mère de 2 enfants, raconte la mésaventure d'une femme enceinte à qui l'on a reproché de ne pas s’être épilée le pubis avant d’arriver en salle d’accouchement... Une violence que même les professionnels de santé n'arrivent plus à cacher !

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié plusieurs catégories de maltraitances que peuvent subir les femmes dans les centres de santé et les services de maternité, notamment en Afrique : 

  • la violence physique (l'utilisation de la force)
  • la violence sexuelle ou verbale (menaces, insultes)
  • la discrimination et la stigmatisation (basées sur le genre, l’âge, la classe sociale,...)
  • le non-respect des standards professionnels (négligence, non-respect de la confidentialité)
  • les contraintes liées au système de santé (manque de matériel...)

Des femmes qui pourraient ne plus vouloir donner la vie

En 2016, la mort d’une femme enceinte de jumeaux, refoulée d’un hôpital de Douala car elle ne pouvait pas payer ses frais d’hospitalisation, avait provoqué un scandale au Cameroun. Mais depuis, rien ne semble avoir réellement changé. Certes, le ministère de la Santé n'hésite pas à faire des visites inopinées dans différents établissements de santé et plusieurs mesures disciplinaires sont prises à l’encontre des "professionnelles indélicates" (suspension, suppression de prime, changement d'affection). Mais beaucoup reste à faire ! 

“Indépendamment des profils de l’histoire de chaque femme, on aurait également des répercussions plus tard sur sa vie. La façon dont elle va appréhender les autres maternités.  Si à cause des violences il y a par exemple un passif traumatique, la femme ne voudrait plus faire d’autres maternités. Parce que la perspective d’une nouvelle maternité va lui rappeler le traumatisme généré par la violence de la maternité précédente. La joie d’enfanter sera quelque chose qui sera ternie par la violence qu’elle a subie par le passé“, explique le psychologue Guy Bertrand Tenkpe. 

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