Santé publique

Les Seychelles accélèrent leur lutte contre l'héroïne

Aux Seychelles, l'héroïne fait des ravages (Illustration) 

Aux Seychelles, 10% de la population active est accro à l’héroïne. Mais que font les autorités pour lutter contre cette drogue dure ? AlloDocteurs.Africa vous dit tout.  

Par Badr Kidiss
Créé le 21.02.20, modifié le 21.02.20

C'est un problème de santé publique aux Seychelles ! Apparu au début des années 2010 dans cet archipel de l'Océan Indien, l'héroïne y fait des ravages : 5% des quelque 95.000 habitants sont héroïnomanes, soit près de 10% de la population active. Un triste record mondial, selon les autorités de cet archipel plus réputé à l'international pour ses magnifiques plages et son tourisme de luxe que pour ses problèmes de drogue.

"En 2011, nous nous sommes rendu compte que 1200 personnes utilisaient de l'héroïne et nous avons adopté une approche punitive", explique Patrick Herminie, directeur de l'Agence pour la prévention des abus liés à la drogue et la réhabilitation (APDAR). 

Mais en 2017, année de la création de l'APDAR, un rapport montre que le nombre d'héroïnomanes est passé à 5.000. Les autorités changent alors leur fusil d'épaule. L'addiction à l'héroïne est déclarée priorité de santé publique et traitée comme une maladie. Un programme de distribution gratuite de méthadone couplé à un suivi médical est lancé. 

"Le problème a pris cette ampleur parce que nous avons réagi trop tard", reconnaît le directeur de l'APDAR.

"Les drogues ne sont plus un tabou"

Aujourd'hui, le phénomène s'est tellement banalisé que dans les écoles, "parfois, des enfants de quatre ou cinq ans miment l'injection d'héroïne dans le bras, pour jouer", regrette Noéllie Gonthier, de l'ONG seychelloise CARE qui lutte contre l'addiction aux drogues. Avant de rajouter que "notre défi, c'est de leur faire comprendre que ce qu'ils considèrent comme normal, à cause de leur contexte familial, n'est pas normal du tout."

"En ce moment, c'est l'héroïne mais à un autre moment, ce sera peut-être autre chose", explique M. Herminie.

D'autant plus important que cela ne concerne pas que l'héroïne. "On a un problème avec les addictions dans ce pays, l'alcool, la cigarette, la marijuana", renchérit le directeur de l'APDAR. Mais les autorités ne s'avouent pas vaincus ! Pour 2020, le budget de l'Etat consacré aux addictions aux drogues atteint 75 millions de roupies seychelloises (l'équivalent de 5 millions d'euros), soit près de 10 fois le budget 2016. Aux grands maux, les grands moyens ! 

Source : AFP
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