Santé publique

Et si le Maroc, l'Algérie et la Tunisie devaient affronter le Coronavirus 2019-nCoV ?

Selon l'OMS, le Maroc est outillé pour bien diagnostiquer le coronavirus 2019-nCoV  Source : MAP

Alors qu'aucun cas de Coronavirus 2019-nCoV n'a pour le moment été enregistré dans les pays du Maghreb, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie sont-ils prêts à faire face à une éventuelle épidémie ? AlloDocteurs.Africa fait le point avec vous.

Par Badr Kidiss
Créé le 06.02.20, modifié le 06.02.20

Plus d'un mois après l'apparition du coronavirus 2019-nCoV à Wuhan, en Chine, le bilan provisoire de l'épidémie s'établit à plus de 560 morts et près de 30.000 cas confirmés. Si aucun cas de coronavirus n'a été pour le moment répertorié en Afrique, la vigilance est de mise dans la plupart des pays du continent, notamment ceux du Maghreb (vu leur proximité avec l'Europe, un continent déjà touché par cette mystérieuse pneumonie virale).

Après avoir rapatrié leurs ressortissants avec succès, l'Algérie, la Tunisie et le Maroc ont mis en place un important dispositif pour éviter tout risque de propagation de l'épidémie. Est-ce suffisant face au coronavirus ? 

Le Maroc est prêt

De tous les pays maghrébins, le Maroc semble être le mieux préparé pour faire face au coronavirus. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Royaume "dispose des compétences techniques pour réaliser le diagnostic du nouveau coronavirus 2019-nCoV, au niveau de plusieurs de ses laboratoires nationaux".

L'agence onusienne précise aussi que "les kits nécessaires (pour le diagnostic) ont été pourvus en quantité suffisante et un approvisionnement plus conséquent est prévu dans deux à trois semaines". Avant de rajouter qu'elle soutient le Maroc dans la préparation à une éventuelle expansion de l'épidémie, "en fournissant des tests et en apportant d'autres formes d'appui technique, en vue de mettre en œuvre son plan national de veille et de riposte à la maladie due au 2019nCoV".

L'Algérie se mobilise

Du côté de l'Algérie qui a envoyé à la Chine un don comprenant 500.000 masques à trois couches, 20.000 lunettes de protection et 300.000 gants, tout le monde se mobilise pour parer à toute éventuelle épidémie. Comme le Maroc, l'Algérie a mis en place d'importants dispositifs pour diagnostiquer le cas index (le premier cas) de coronavirus 2019-nCoV sur son territoire. Des mesures qui ne seraient pas "suffisantes" selon le professeur Abdelouahab Bengounia.

Ce spécialiste en médecine préventive au CHU Mustapha-Pacha estime que "les caméras thermiques (installées au niveau des aéroports et des ports du pays) ne peuvent pas détecter des porteurs sains du virus. C’est-à-dire des cas qui ne présentent pas de symptômes tels que la fièvre, la toux ou l’insuffisance rénale". Ces propos trouvent même écho dans les dires de Matshidiso Moeti qui vient d'être reconduite à la tête de l'OMS pour l'Afrique : "Un nouveau virus est toujours un défi et la plupart des laboratoires en Afrique ne disposent pas du matériel essentiel dont ils ont besoin pour effectuer des tests sur un nouvel agent pathogène". 

La flegme des Tunisiens 

En Tunisie, là où il n'y a un aucun vol direct reliant le pays à la Chine, l’heure n’est pas encore à la mobilisation générale. Alors qu'un avion algérien a rapatrié dix étudiants tunisiens vivants à Wuhan, le pays du jasmin a élaboré un plan national de sécurité et de prévention, de préparation et de riposte au risque d’introduction de cette maladie. 

Après le vent de panique qui a soufflé, fin janvier, sur l'aéroport de Carthage, l'ambassade de Chine en Tunisie a appelé au calme et à "ne pas exagérer les faits". 

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