Santé publique

Derrière la Covid-19, d'autres maladies tuent en Centrafrique

Pour l'ONUSIDA, une action urgente est nécessaire en Centrafrique pour lutter contre le VIH (photo d'illustration) 

Alors que lutte contre la pandémie de coronavirus mobilise beaucoup de soignants centrafricains partout dans le pays, d'autres maladies comme le paludisme et le sida font des ravages. 

Par Badr Kidiss
Créé le 16.06.20, modifié le 16.06.20

Ça se complique ! Si la Centrafrique ne comptait que cinq malades du coronavirus (Covid-19) fin mars, la pandémie s'est rapidement propagée dans tout le pays. Rien que ce mardi 17 juin, les autorités ont annoncé l'identification de 121 nouveaux cas confirmés. A ce stade, on comptabilise 2410 personnes atteintes par le coronavirus, dont 14 décès et 396 guérisons. Mais alors que la lutte contre cette maladie infectieuse n'est pas encore finie, la Covid-19 a perturbé l'approvisionnement en médicaments dans certaines régions du pays. Pourtant, même si la planète s'est arrêtée pour faire face à ce mal, les autres maladies sont toujours là. Le paludisme, le sida ou encore la tuberculose continuent de tuer... en silence.

Le nouveau coronavirus (Covid-19) a limité les déplacements des équipes médicales qui faisaient de la sensibilisation et de la prévention aux autres maladies. Résultat, en deux mois à Mbaiki, chef-lieu de la préfecture de Lobaye, les autorités ont déploré 27 décès chez des enfants de moins de 5 ans, dont 17 causés par le paludisme. Alors que l'accès aux soins était difficile pour tous les malades avant l'arrivée de la pandémie, celle-ci peut aggraver encore plus la situation sanitaire du pays. 

Des années de lutte menacées

En République Centrafricaine (RCA), le taux de prévalence du VIH au sein de la population adulte est de 4,3% (à Bangui, il est  de 7,7%). On estime que 140 000 personnes sont séropositives (c'est-à-dire qu'elles sont porteuses du virus VIH) dans le pays. Alors que l'ONUSIDA et l'ONG Médecins sans frontières multiplient leurs efforts pour lutter contre cette maladie mortelle, ces années de travail pourraient être détruites en quelques mois. 

"Si aucun effort n'est fait pour atténuer et surmonter les interruptions de services de santé pendant la pandémie de Covid-19, une interruption de six mois du traitement antirétroviral pourrait entraîner plus de 500.000 décès supplémentaires dus à des maladies liées au sida, y compris la tuberculose, en Afrique subsaharienne en 2020-2021", préviennent l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONUSIDA.

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