Santé publique

Cancers au Maroc : des "guerrières" se battent pour une meilleure prise en charge

Au Maroc, les femmes qui souffrent d'un cancer expriment leur ras-le-bol (Illustration) 

Alors que les chiffres du cancer sont alarmants au Maroc, plusieurs malades ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour montrer les conséquences des retards de rendez-vous et la pénurie de médicaments sur leur état de santé.
Par Badr Kidiss
Créé le 10.12.19, modifié le 10.12.19

Chaque année, plus de 40.000 Marocains sont touchés par le cancer. Et c'est le cancer du sein qui est le plus fréquent au Royaume (35% des nouveaux cas), selon les derniers chiffres du ministère de la Santé. 

Si le nombre de personnes atteints d'un cancer pris en charge par le régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (Ramed) ne cesse d'augmenter, les dépenses pour les traitements ambulatoires et les frais de transport et de logement sont toujours aux frais des patients. Une situation qui a motivé plusieurs femmes malades à lancer une campagne sur Facebook, sous le Hashtag #مابغيناش_نموتو_بالسرطان (On ne veut pas mourir du cancer), pour exiger notamment la prise en charge rapide des patients et la gratuité des soins.  

Ces femmes qui se considèrent comme des "guerrières" souffrent de cancer ou ont réussi à le vaincre. Elles sont d'Oujda, Safi, Marrakech, Salé, Agadir et Ouarzazate. Aujourd'hui, elles n'hésitent pas à s'exprimer, à visage découvert, pour exprimer leur ras-le-bol. 

Le cri de rage 

"A Marrakech, l’une des fondatrices de notre campagne ne trouvait plus ses médicaments, à chacune de ses séances de chimiothérapie. Ce qui l'a empêché de faire ses séances de manière réguilère", regrette Meryem El Hatimi, l'une des guerrières à l'origine de cette campagne. 

Alors que le Maroc fait face à une pénurie de médicaments sans précédent, la campagne #مابغيناش_نموتو_بالسرطان exige de "faciliter la prise de rendez-vous, d'améliorer le suivi médical et l'accès aux transports dans les zones les plus éloignées des centres d'oncologie". Maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que le cri de rage de ces "guerrières" soit entendu au ministère de Khalid Aït Taleb. 

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