Covid-19

En Centrafrique, le mode de vie des pygmées fait craindre une augmentation des cas de coronavirus

Des pygmées dans la réserve protégée de Dzanga Sangha, en 2008 (photo d'illustration)  Source : Sergey Uryadnikov / Shutterstock

Alors que la Centrafrique recense plus de 1100 cas de nouveau coronavirus (Covid-19), à la date du jeudi 4 juin à midi, les autorités craignent une forte augmentation du nombre de malades en cas d'apparition du virus dans la réserve protégée de Dzanga Sangha, là où vivent les pygmées. 

Par Badr Kidiss avec AFP
Créé le 04.06.20, modifié le 04.06.20

A l'heure où l'épidémie de coronavirus s'accélère en Centrafrique avec, officiellement, plus de 1.000 cas détectés mais seulement quatre décès à la date du 4 juin, le virus n'a pas encore atteint la réserve protégée de Dzanga Sangha, un sanctuaire relié au reste du monde par une piste étroite, inaccessible à la première pluie.

Cet isolement constitue aujourd'hui la meilleure défense pour les pygmées bayaka, parias dans un pays déjà classé parmi les plus pauvres au monde. "On leur a demandé de partir vivre dans leurs campements de chasse pour trois mois", explique Luis Arranz, en charge du parc national pour le Fonds mondial pour la nature (WWF). "Chaque semaine, on va déposer le manioc, les médicaments. Il faut qu'ils restent isolés. C’est notre seule solution", ajoute le responsable de l'ONG internationale.

Plus vulnérables

Car le mode de vie de ces populations semi-nomades, potentiellement vulnérables aux maladies inconnues dans ces contrées, fait craindre le pire en cas de contagion. "Les gens continuent à partager la cigarette, le café et une hutte pour cinq ou dix personnes", s'inquiète Yvon Martial Amolet, représentant de l’ONG Maison de l’Enfant et de la Femme pygmées, basée à Bayanga, la principale bourgade des environs. Selon ce juriste natif de la région, l'espérance de vie des pygmées bayaka se situe aux alentours de 35 ans pour les hommes et 38 pour les femmes.

"Le taux de mortalité infantile est très élevé chez les Bayaka. Ceux qui survivent sont susceptibles de mieux résister à un virus, mais nous n'avons aucune donnée sur une éventuelle vulnérabilité ou immunité naturelle à des maladies importées", souligne le docteur Emilia Bylicka, qui a passé quatre années à soigner les pygmées dans le sud-ouest du pays. Avant d'ajouter que "le problème, c'est qu'ils abandonnent très rapidement les traitements. Il est impossible de leur faire prendre un médicament plus de quelques jours".

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