Covid-19

Coronavirus : le Cameroun maintient la chloroquine dans son protocole de soins

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Face au coronavirus, le Cameroun a décidé de maintenir son traitement à base d'hydroxychloroquine. Mais les autorités camerounaises craignent de ne pas disposer de cette molécule en quantité suffisante.

Par Arnaud Ntchapda
Créé le 29.05.20, modifié le 01.06.20

Elle est de plus en plus décriée mais l'Afrique croit toujours en la Chloroquine.  Après le Tchad, le Maroc, l'Algérie et le Sénégal, c'est au tour du Cameroun de maintenir son protocole thérapeutique à base d'hydroxychloroquine pour traiter les malades du nouveau coronavirus (Covid-19). Ce produit utilisé dans la lutte contre le Covid-19  a été déconseillé en France par les autorités médicales deux mois après son autorisation. En Afrique,  le Gabon hésite et la Tunisie l’a suspendue mais le Cameroun, tout comme le Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le voisin tchadien continuent d’y avoir recours pour soigner leurs malades. Une note de service du ministre de la santé publique daté du 26 Mai 2020,  jour de l’annonce de l’interdiction en France de l’usage de la chloroquine dans le traitement du Covid-19,  le prouve.

Dans cette correspondance, Malachie Manaouda annonce l’attribution d’une dotation à la  délégation de la santé publique de la région du Littoral à Douala. Elle est composée de quantités d'Azythromycine 250 grammes et d'Hydroxychloroquine 100 milligrammes destinés à la prise en charge gratuite de 800 patients.

La fabrication locale des comprimés de chloroquine retardée  

Le Cameroun a adopté la chloroquine sur recommandation du Comité scientifique des urgences de santé publique il y a exactement deux mois. Ce groupe d’experts préconisait l’utilisation de la combinaison (Hydroxy) chloroquine/ Azithromycine pendant 5 jours pour la prise en charge thérapeutique des patients atteints de Covid-19. Cependant, il y a lieu d’espérer que le récent acte du ministre camerounais de la santé publique ne soit pas une forme de rationnement. Et si le stock de chloroquine dont le Cameroun dispose en ce moment ne suffisait plus pour couvrir les besoins ? La question peut avoir toute sa pertinence si l’on tient compte du retard accusé dans la production des comprimés de chloroquine.

Souvenez-vous, le 9 Avril le président camerounais, Paul Biya, ordonnait la fabrication sur le territoire national de comprimés d'hydroxychloroquine et d'azythromycine. L’opération était confiée à la ministre de la recherche scientifique et de l’innovation, le Docteur en pharmacie d’officine Madeleine Tchuinte. Presque deux mois plus tard, rien n’est toujours sorti des deux machines que la ministre disait capables de produire 200 comprimés pour l’une et 6000 comprimés pour l’autre par minute. A l’époque déjà l’on invoquait la modicité des moyens disponibles pour effectuer des commandes d’intrants, de composants nécessaire à la fabrication, en Inde et en Chine du fait de la forte demande effectuée notamment par des pays très riches.

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