Covid-19

Coronavirus : hydroxychloroquine et chloroquine, à éviter finalement ?

L'hydroxychloroquine augmente le risque de décès et d'arythmie cardiaque, selon une nouvelle étude (photo d'illustration) 

Alors que de nombreux pays africains, comme le Sénégal, le Maroc, l'Algérie ou le Tchad, utilisent l'hydroxychloroquine pour traiter les malades du Covid-19, une nouvelle étude autour de cette solution évoque des risques de décès.  

Par Badr Kidiss avec AFP
Créé le 25.05.20, modifié le 25.05.20

Elle a le vent en poupe en Afrique. Que ce soit au Sénégal, au Maroc, au Tchad ou en Algérie, de nombreuses personnes atteintes du nouveau coronavirus (Covid-19) sont traitées avec de l'hydroxychloroquine. Mais une vaste étude parue vendredi dernier, dans The Lancet, recommande de ne pas prescrire la chloroquine, ou son dérivé l'hydroxychloroquine, en dehors des essais cliniques.

Selon cette étude, ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque. Menée sur près de 15.000 malades, il s'agit de la "première étude à large échelle" à montrer une "preuve statistique robuste" que ces deux traitements qui font couler tant d'encre, "ne bénéficient pas aux patients du Covid-19", déclare dans un communiqué le Dr Mandeep Mehra, auteur principal de l'étude publiée dans la prestigieuse revue médicale. Les auteurs de cette étude estiment que le risque de mortalité est de 34% à 45% plus élevé chez des patients prenant ces traitements que chez des patients présentant des facteurs de comorbidité, c'est-à-dire de facteurs de risques.

Qu'est-ce que c'est ?

La chloroquine est une molécule prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme, un parasite véhiculé par le moustique. Son dérivé, mieux toléré, l'hydroxychloroquine (HCQ), est connue sous le nom de Plaquénil, un médicament prescrit généralement contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

Pas chères et accessibles, l'hydroxychloroquine et la chloroquine ont suscité beaucoup d'espoir dans notre continent. Elles connaissent depuis fin février une notoriété inédite depuis que le Pr Didier Raoult, de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection, à Marseille (France), a relayé une petite étude chinoise, peu détaillée, affirmant que le phosphate de chloroquine montrait des signes d'efficacité chez des patients atteints de SARS-CoV2. Selon le professeur Yap Boum, "tout le monde veut la chloroquine, mais personne ne sait comment l'utiliser". 

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