Covid-19

Coronavirus : Au Cameroun, le ministre de la santé publique refuse un don du chef de l’opposition

Un don de masques crée la polémique au Cameroun (photo d'illustration) 

Le don de masques et tests de dépistage du Covid-19 par l'opposant Maurice Kamto via la plateforme de collecte de dons Survie Cameroon Survival Initiative a été mal accueillie par le gouvernement. Polémique...

Par Arnaud Ntchapda
Créé le 05.05.20, modifié le 05.05.20

C’est le gros feuilleton de la fin de  la semaine passée au Cameroun et il n’est pas terminé. C’est l’histoire d’un don de matériel médical remis par l’opposant camerounais Maurice Kamto au ministre de la santé publique mais qui n’a pas été accepté par celui-ci le 30 avril.

Christian Penda Ekoka, allié et envoyé du leader politique, repartait ainsi du cabinet du ministre Malachie Manaouda avec sa cargaison de 10.000 masques barrières, 6.800 masques chirurgicaux et 950 tests de dépistage du Covid-19 qu’il avait apportés. L’économiste dira ne pas connaître les raisons de ce refus.

"Ce ne sont pas 10.000 masques qui vont changer quelque chose

Le ministre Malachie Manaouda a expliqué sur l’antenne de Radio France Internationale (RFI) que la plateforme de collecte de dons pour la lutte contre le Covid-19 Survie Cameroon Survival Initiative (SCSI) qui convoie le don de l’homme politique n’est pas reconnue au Cameroun. "Le monsieur se serait présenté individuellement qu’on aurait pu prendre son don sans problème, nous en avons besoin. Mais ce n’est pas parce que nous sommes en situation d’épidémie que nous devons mettre de côté nos lois et règlements!", souligna-t-il.

"Nous devons encore, et beaucoup plus d’ailleurs, mettre un accent sur cela. Nous n’avons pas d’ailleurs refusé, mais nous lui avons demandé simplement de s’adresser davantage au ministère de l’Administration territoriale qui gère les associations", a complété le ministre non sans minimiser la portée du don en question. "Ce ne sont pas 10.000 masques qui vont changer quelque chose" ajouta-t-il encore en précisant que 350 000 masques sont en train d’être acheminés au Cameroun. Survie Cameroon Survival Initiative rétorque qu’elle n’est pas une association.

Des soignants désapprouvent le ministre

Toujours chez nos confrères de  RFI, le porte-parole de Maurice Kamto, Olivier Bibou Nissack, a dénoncé "la cruauté, l’inhumanité et le dédain face à la détresse" expliquant que "les actions initiées et impulsées par Survie Cameroun Survie Initiative se poursuivront et iront jusqu’à leur terme. L’assistance humanitaire dans de telles circonstances ne peut pas contrariée".

Contrariés, les membres du Syndicat camerounais des personnels et établissements du secteur de la santé le sont. Leur président, s’étonne ainsi de la réaction des autorités camerounaises et s’indigne : "C’est regrettable. Nous avons encore besoin aujourd’hui de masques, de gants de solutions hydroalcooliques, de bottes pour non seulement nous protéger, mais mieux prendre en charge les malades atteints de Covid-19".

"De l’enfer ou bien du paradis"

"Je travaille dans un hôpital où on ne donne encore aujourd’hui qu’un seul masque par jour alors qu’il en faut trois. Il n’ y a même pas de calottes pour certains. Il y a un seul thermoflash, on devrait en avoir partout. S’il y a une âme de bonne volonté qui voudrait nous aider et sauver des vies pourquoi refuser par rapport aux problèmes politiques. Même si ça vient de l’enfer ou bien du paradis si ça peut nous être utile pourquoi pas ? Est-ce que cette pandémie a une couleur politique ? Nous risquons la contamination à tout moment", fait encore savoir à RFI Sylvain Nga Onana.

Le feuilleton des dons indésirables par les autorités camerounais continue... ailleurs. Alors qu’un adjoint au maire de la localité de Monatélé (région du Centre) avait demandé et obtenu une partie du matériel pour sa commune, le préfet de sa localité a interdit lundi soir toute distribution de ce don dans son unité de commandement. A suivre...

Source : RFI
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