Covid-19

Coronavirus au Burkina Faso : l'opposition réclame la démission du ministre de la Santé

La ministre de la Santé du Burkina Faso, la professeure Claudine Lougué 

"L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC,  principal parti d’opposition au Burkina Faso) exige la démission de Mme la ministre de la Santé (la professeure Claudine Lougué), un pardon officiel du Gouvernement à la représentation nationale et à tout le peuple burkinabè", a déclaré son vice-président.

Par AlloDocteurs Africa
Créé le 30.04.20, modifié le 30.04.20

LE Covid-19 tend la situation politique au Burkina Faso. L’opposition a demandé jeudi la démission du ministre de la Santé dans le sillage de la polémique sur les causes du décès de la personne présentée comme la première victime en Afrique subsaharienne de l'épidémie de coronavirus. "L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC,  principal parti d’opposition au Burkina Faso) exige la démission de Mme la ministre de la Santé (la professeure Claudine Lougué), un pardon officiel (excuses officielles) du Gouvernement à la représentation nationale et à tout le peuple burkinabè", a déclaré le vice-président de l’UPC, Adama Sosso lors d’une conférence de presse. 

Mercredi, le gouvernement a démis de ses fonctions le professeur Martial Ouédraogo, devenu une figure de la lutte contre la pandémie, après une controverse sur les causes du décès de la première victime du Covid-19 en Afrique subsaharienne.Le 18 mars, le professeur Ouedraogo avait annoncé le décès lié au coronavirus d’une patiente de 62 ans, diabétique. On avait plus tard appris qu'il s'agissait de la députée d'opposition et 2e vice-présidente de l'Assemblée Rose Marie Compaoré, membre de l'UPC.

Doutes de la population

En marge d’une cérémonie en mémoire de la défunte cette semaine, la famille a émis de grands doutes sur les causes de la mort. "Les informations communiquées par Madame la ministre de la Santé à la représentation nationale ont révélé un certain nombre de mensonges (...) La ministre de la Santé, tout comme ses collègues et collaborateurs ayant manipulé les faits dans l’affaire Rose Marie Compaoré n’ont plus aucune légitimité pour traiter des questions de santé des Burkinabè", a-t-il poursuivi. Selon lui, la "série de mensonges (...) discréditent totalement la parole gouvernementale" et "de plus en plus de Burkinabè ne croient plus à l’existence même du Coronavirus au Burkina, ce qui est dangereux".

Au Burkina Faso, où les mesures de distanciation sociale et le port obligatoire de masques ne sont pas toujours respectés, l’opinion publique est souvent sceptique sur l’existence du coronavirus. Une partie de l'opinion publique doute des décès liés à l’épidémie qui a fait 43 morts pour 641 cas au Burkina Faso, selon le dernier bilan officiel.