Covid-19

Cameroun : difficile de faire respecter les gestes barrières dans les mosquées

La mosquée centrale de Douala a du mal à appliquer les gestes barrières (photo d'illustration) 

À Douala, la mosquée est pointée du doigt pour non-respect des mesures barrières lors de ce mois de Ramadan. 

Par Arnaud Ntchapda
Créé le 29.04.21, modifié le 04.05.21

La scène laisse sans voix. Depuis le début du mois de Ramadan, la mosquée centrale de Douala est bondée et la distanciation sociale semble inexistante. Parmi les fidèles, très peu voire aucun masque. "Nous avons des cache-nez. Chaque fois l’imam nous dit de les mettre avant d’entrer à la mosquée. La majorité d’entre nous les mettent. Auparavant, nous respections entièrement les consignes, mais après il y a eu un relâchement et aujourd'hui, tout le monde ne met plus le cache-nez", nous explique Mohamadou Ibrahim, un jeune commerçant qui s’apprête à quitter la mosquée.

Pourtant, le coronavirus (Covid-19) est toujours là. Le Cameroun est même l'un des plus touchés en Afrique centrale par l'épidémie, avec plus de 72.000 cas recensés pour au moins 1.100 décès. 

Les mesures barrières bafouées

Des mesures ont pourtant été prises par les responsables de la mosquée centrale depuis le début de la pandémie. Deux des trois portes qui donnent accès à l’enceinte ont été fermées. “L’imam central de Douala a fermé certaines portes et en a laissé une pour éviter des attroupements. Comme c’est dimanche, il n’y a pas beaucoup de monde. Mais de lundi à samedi, il y a plus de personnes“, explique Mahamat Aminou, l’imam adjoint de la mosquée centrale de Douala. Pour la période du jeûne en cours, les mesures prises pour lutter contre la pandémie du Coronavirus ont été reconduites, mais la discipline n’est plus au rendez-vous.

Source : AlloDocteurs Africa / Arnaud Ntchapda

“Il y a des gens qui respectent les mesures barrières  et d’autres pas.  Certains viennent même avec le cache-nez dans la poche, mais ne le mettent que quand l’imam le réclame.  Certains musulmans disent que le Covid-19 n’existe pas. Si vous insistez, ils vous demanderont : “est-ce que tu as vu quelqu’un que le corona a tué ?“. Nous ne pouvons pas empêcher les contrevenants d’entrer dans la mosquée. Ils s’appuient sur le laxisme des autorités pour nous défier. Certains nous rétorquent que les bars, les marchés sont bondés“, précise Aminou qui “préfère ne pas forcer parce que c’est une question de foi“.  

Quand la discipline était de mise…

Pourtant, au début de la pandémie, tout se passait bien. Les fidèles respectaient les consignes du gouvernement. La mosquée centrale proposait même de l’eau et du savon à la disposition de ceux qui venaient prier afin qu’ils se lavent les mains avant d’y entrer. Et bien sûr, tous les fidèles portaient des masques de protection. Mais depuis, tout a changé. 

Dans la ville de Douala, le respect ou l’application des consignes de protection contre le Covid-19 varie d’un lieu de culte à l’autre. “Dans certaines mosquées, on les respecte. Il y a des mosquées où vous ne pouvez pas entrer si vous n’avez pas de cache-nez“, assure le numéro 2 de la mosquée centrale de Douala.

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