Environnement

Burkina Faso : des moustiques génétiquement modifiés !

La femme du moustique anophèle est vecteur de transmission du parasite qui déclenche le paludisme.  Source : iStock / crewcut

Organisé le 1er juillet, le premier lâché expérimental organisé au Burkina Faso révolte les “anti OGM". Cette initiative de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) vise l’élimination du paludisme d’ici 2030 mais est  confrontée à une opposition des ONG anti OGM.

Par Aminata Sanou
Créé le 04.08.19, modifié le 04.10.19

Moustiques OGM lâchés ! Lundi 1er juillet, aux environs de 18 heures, 6400 moustiques génétiquement modifiés ont été libérés dans le village touristique de Bana situé à 25 kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso. Soit une année après la date initiale qui était prévue pour juillet 2018. Cette cérémonie de lâcher a mobilisé la présence effective des d’une équipe d’inspecteurs de l’Agence nationale de Biosécurité, des spécialistes du projet Target malaria, du Comité éthique institutionnel (composée d’autorités coutumières et religieuses et population de Bana), du représentant du maire de la commune de Bobo-Dioulasso et du Comité de monitoring. La presse, quant à elle, n’a pas été conviée.

C’est finalement deux jours plus tard que le chercheur principal du projet a tenu un point-presse sur le sujet. “Le lâcher doit contribuer à une diminution progressive de la population de moustiques vecteurs du paludisme. Car le mâle stérile est un moustique anophèle modifié. Lorsqu’il s’accouple avec une femelle sauvage, les œufs obtenus de l’accouplement n’arrivent pas à maturité, donc ne sont pas viables”, a rassuré le Docteur Abdoulaye Diabaté.

Les ONG anti OGM vont saisir la justice 

Malgré une approbation de l’Agence nationale de la biosécurité du 10 aout 2018 pour la mise au point de ce lâcher expérimental, les ONG anti OGM à travers une déclaration signée par la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (OPAGEN) et le Collectif citoyen pour l’agro écologie (CCAE) dénoncent un passage en force. “Le projet Target malaria et le gouvernement ont fait le choix dangereux, malgré tout, d’exposer les populations et leur milieu de vie à des situations aux évolutions incertaines”, dénoncent-ils. Ils expliquent regretter ainsi une opération qu’elles jugent en totale négation avec l’éthique de la vie humaine et en violation des lois et conventions nationales et internationales.

La partie Ouest du Burkina qui est concernée par le lâcher expérimental a également reçu des moustiquaires de dernière génération pour faire face à une résistance particulière de moustiques. D’autres opérations de lâcher sont prévues sur deux autres sites toujours dans la région de l’Ouest du Burkina Faso. Notamment le village de Souroukoudiguin et celui de Pala. 

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